Écrire un projet d’accueil pour assistante maternelle, voici les clés.
Le projet d’accueil est sans doute le document le plus stratégique de votre pratique professionnelle – et pourtant, c’est souvent celui qu’on repousse le plus longtemps....

Le projet d’accueil est sans doute le document le plus stratégique de votre pratique professionnelle – et pourtant, c’est souvent celui qu’on repousse le plus longtemps. Une page blanche, quelques titres griffonnés, et cette question qui bloque tout : qu’est-ce qu’on est censée écrire, concrètement ?
Ce guide reprend tout ce qu’il faut savoir : le cadre légal à jour, les rubriques attendues, des exemples de formulation, et comment faire vivre ce document au quotidien plutôt que de le laisser dormir dans un tiroir.
Pour aller plus vite, vous pouvez aussi passer directement par notre générateur de livret d’accueil, qui structure le document à votre place.
Qu’est-ce qu’un projet d’accueil d’assistante maternelle ?
Le projet d’accueil est un document écrit dans lequel vous présentez votre manière de travailler : votre parcours, vos valeurs éducatives, votre cadre de vie, votre organisation au quotidien. C’est le support de référence qui permet aux parents employeurs de comprendre qui vous êtes professionnellement, avant même que leur enfant ne passe sa première journée chez vous.
Contrairement à ce qu’on lit parfois, ce n’est pas un simple exercice administratif : c’est l’un des rares documents où vous formalisez, noir sur blanc, votre identité professionnelle. Il se distingue du livret d’accueil individuel, qui reprend les informations propres à chaque enfant accueilli (ses habitudes, son alimentation, ses rituels de sommeil) et qui découle de ce projet général.
Le cadre légal : ce qui a changé depuis 2019
Le sujet est souvent traité de façon datée. Voici l’état du cadre réglementaire tel qu’il existe aujourd’hui :
- La réforme de 2019 est à l’origine de l’obligation de formaliser sa pratique professionnelle par écrit, dans le cadre du code de l’action sociale et des familles.
- La charte nationale pour l’accueil du jeune enfant (arrêté du 23 septembre 2021, publié au Journal officiel) fixe les « dix grands principes pour grandir en toute confiance ». Depuis cette date, tous les professionnels de l’accueil du jeune enfant — assistantes maternelles comprises — doivent décliner ces principes dans leur pratique, et notamment l’expliquer lors du renouvellement d’agrément.
- Le référentiel national de la qualité d’accueil du jeune enfant, publié le 2 juillet 2025 par le ministère, vient encore préciser ce cadre. Ce document, élaboré avec plus de 200 professionnels sous le pilotage de l’IGAS, définit des pratiques concrètes autour de trois axes : la relation au jeune enfant, la communication avec les parents, et la qualité organisationnelle. Il ne remplace pas votre projet d’accueil mais en devient une référence de fond, notamment pour la PMI.
En clair : votre projet d’accueil peut vous être demandé par les parents employeurs dès le premier entretien, mais aussi par les services de PMI lors d’un renouvellement d’agrément ou d’une visite de contrôle — qui s’appuient désormais sur ces textes plus récents pour évaluer la cohérence de votre pratique.
Pourquoi ce document compte autant
- Un outil de cadre professionnel. Il pose noir sur blanc ce que vous proposez, ce qui protège autant les familles que vous-même en cas de désaccord ultérieur sur une pratique éducative.
- Un outil de réassurance pour les parents. Ils savent à quoi s’attendre, ce qui accélère la confiance dès les premiers échanges.
- Un outil de réflexion personnelle. Le rédiger vous oblige à mettre des mots sur des pratiques parfois intuitives — c’est aussi l’occasion de vous requestionner.
Les rubriques à inclure
Un projet d’accueil complet comporte généralement les sections suivantes.
1. Votre présentation
Votre parcours, votre formation initiale et continue (formations IPERIA suivies notamment), vos expériences professionnelles, et si vous le souhaitez quelques éléments personnels (vos animaux, votre famille) qui humanisent la relation.
2. Le cadre d’accueil
Description de votre logement, des espaces réservés aux enfants, du jardin le cas échéant. C’est aussi l’endroit pour aborder la sécurité physique de votre lieu d’accueil.
3. Le matériel de puériculture
Le matériel et les jouets mis à disposition, dans le respect de la réglementation en vigueur.
4. Vos valeurs éducatives
Le cœur du document. Plutôt que de lister des mots abstraits (« bienveillance », « respect »), reliez-les à des pratiques concrètes. La méthode la plus efficace est de partir des dix principes de la charte nationale et de les décliner en exemples de votre quotidien :
- Le respect du rythme de l’enfant : comment vous organisez les temps de repos, comment vous gérez les repas sans imposer de quantités.
- L’exploration et le jeu libre : comment l’espace est aménagé pour que l’enfant explore à son rythme.
- L’absence de stéréotypes de genre : des jouets et activités accessibles à tous les enfants sans distinction.
Exemple de formulation : « Les repas sont préparés à partir de produits frais et variés, en respectant les besoins spécifiques de chaque enfant. Je propose des moments de découverte sensorielle pendant les repas pour encourager l’éveil des sens, sans jamais imposer une quantité. »
5. Une journée type
Horaires d’accueil, activités et sorties régulières, temps de repas et de sieste. Un déroulé concret rend le document beaucoup plus vivant qu’une simple liste de principes. Vous pouvez vous inspirer de notre exemple d’organisation sur une journée.
6. L’organisation pratique
Amplitude horaire, modalités des périodes d’adaptation, gestion des absences. C’est le socle de votre collaboration avec les familles — autant le clarifier par écrit dès le départ plutôt que de l’ajuster au fil des tensions. Nous détaillons ce point dans notre article dédié aux absences des assistantes maternelles.
7. Hygiène et santé
Soins, protocole en cas de traitement médical, alimentation et diversification, gestion des maladies.
8. Vos partenaires professionnels
PMI, relais petite enfance (RPE) : les mentionner montre que vous vous inscrivez dans un réseau professionnel structuré, ce qui rassure sur votre sérieux.
9. La sécurité affective
Comment vous répondez aux besoins émotionnels et d’attachement des enfants — une rubrique de plus en plus attendue depuis le référentiel 2025, qui insiste particulièrement sur ce point.
10. Les relations avec les familles
Mode de communication privilégié, règle de confidentialité (photos, vidéos partagées), transmissions quotidiennes.
Quelques règles de forme utiles
- La longueur : visez un document concis, généralement cinq pages maximum hors page de garde et sommaire. Un document trop long est rarement lu en entier par les parents.
- Le format : rédigé à l’ordinateur, dans un ton professionnel mais accessible, en évitant le jargon technique.
- La personnalisation : votre projet d’accueil général sert de base, mais chaque enfant accueilli doit bénéficier d’une déclinaison individualisée intégrant ses besoins particuliers et ses habitudes propres.
Comment l’utiliser au quotidien
Le projet d’accueil n’est pas un document qu’on rédige une fois et qu’on range. Trois moments où il reprend tout son sens :
- Le premier entretien : c’est le moment idéal pour le présenter en détail, poser le cadre, et amorcer la co-construction du projet individualisé de l’enfant.
- Les transmissions quotidiennes : chaque échange avec les parents est l’occasion de faire le lien avec les engagements pris dans le document.
- Les désaccords éventuels : quand une demande des parents entre en tension avec vos pratiques, le projet d’accueil sert de cadre de référence pour expliquer votre positionnement à partir de vos connaissances professionnelles, plutôt que d’une opinion personnelle.
Enfin, il doit rester consultable à tout moment par les familles — à votre domicile ou sous forme d’un exemplaire remis en main propre.
Questions fréquentes
Le projet d’accueil est-il obligatoire ?
La formalisation de votre pratique par écrit découle du cadre réglementaire en vigueur depuis 2019, renforcé par la charte nationale de 2021 et le référentiel qualité de 2025. Il peut vous être demandé par les parents comme par la PMI.
Quelle différence avec le livret d’accueil individuel ?
Le projet d’accueil est général et décrit votre pratique professionnelle dans son ensemble. Le livret d’accueil individuel en découle et s’adapte à chaque enfant : ses habitudes, son alimentation, ses objets transitionnels.
Dois-je le refaire à chaque nouvel enfant accueilli ?
Non, le projet d’accueil général reste stable dans le temps. C’est le livret individuel qui se construit ou s’ajuste pour chaque enfant, en collaboration avec sa famille.
Que faire si je n’ai jamais rédigé ce document ?
Vous pouvez vous appuyer sur les rubriques listées plus haut, sur votre RPE, ou sur un modèle existant pour structurer votre première version — l’important est de commencer, quitte à l’affiner ensuite.
Comment le faire évoluer ?
Revoyez-le après chaque formation continue suivie, chaque nouvelle pratique mise en place, ou lors du renouvellement de votre agrément.
En résumé
Le projet d’accueil n’est pas une formalité : c’est l’outil qui matérialise votre cadre professionnel face aux familles et à la PMI. Bien construit, il vous fait gagner du temps sur les échanges avec les parents, réduit les malentendus, et valorise concrètement votre métier.
Pour éviter la page blanche, notre générateur de livret d’accueil reprend l’ensemble de ces rubriques et vous aide à les structurer en quelques minutes. Vous pouvez aussi découvrir comment Pandi-Panda simplifie le reste de votre quotidien administratif — contrats, plannings, congés.
